Thomson TO7/70
Fiche rapide
- Constructeur : Thomson
- Commercialisation : 1984
- Catégorie : micro-ordinateur familial 8 bits
- Processeur : Motorola 6809E à 1 MHz
- RAM : 64 Ko au total, dont 48 Ko pour l’utilisateur et 16 Ko pour l’affichage
- ROM système : 6 Ko
- Extension mémoire : 64 Ko supplémentaires en option
- Affichage : 320 × 200 pixels, 16 couleurs
- Texte : 25 lignes × 40 caractères
- Clavier : mécanique, 57 touches
- Langages : BASIC, Logo, Forth ou assembleur selon la cartouche
- Stockage : cassette et lecteurs de disquettes en option
- Connexion vidéo : RVB et son par prise Péritel sur la version française
- Son : synthèse musicale sur cinq octaves
- Périphérique caractéristique : crayon optique intégré
1984 : Thomson fait évoluer le TO7
Lorsque le TO7/70 apparaît en 1984, le TO7 n’a que deux ans. Mais le marché de la micro-informatique évolue extrêmement vite et les 8 Ko de mémoire utilisateur du premier modèle deviennent déjà très limitants.
Thomson choisit de conserver une architecture éprouvée plutôt que de repartir de zéro. Le processeur reste le 6809E et la compatibilité avec l’environnement TO7 est préservée, mais la conception de la machine évolue sensiblement.
Le changement le plus spectaculaire concerne la mémoire : le TO7/70 offre désormais 48 Ko de RAM à l’utilisateur, auxquels s’ajoutent les 16 Ko nécessaires à l’affichage graphique.
Pourquoi le nom TO7/70 ?
Le nombre 70 fait référence à la quantité totale de mémoire mise en avant par Thomson :
48 Ko de RAM utilisateur + 16 Ko de RAM vidéo + 6 Ko de ROM système = 70 Ko.
La machine contient donc physiquement 64 Ko de mémoire vive. Une extension optionnelle de 64 Ko peut porter la mémoire utilisateur de 48 à 112 Ko, soit une capacité totale annoncée de 134 Ko en comptant également la ROM.
Cette organisation explique pourquoi les caractéristiques du TO7/70 sont parfois données comme 48 Ko, 64 Ko ou 70 Ko : ces chiffres ne désignent tout simplement pas la même chose.
Le Motorola 6809E reste au cœur de la machine
Le TO7/70 utilise toujours le Motorola 6809E, un microprocesseur 8 bits cadencé à 1 MHz.
Thomson ne cherche donc pas à augmenter fortement la puissance de calcul. Les progrès viennent principalement de ce qui entoure le processeur : davantage de mémoire, une électronique plus intégrée et une gestion graphique améliorée.
Comme le 6809E possède un bus d’adresses de 16 bits, il ne peut voir directement que 64 Ko à la fois. Pour exploiter l’extension mémoire, le TO7/70 utilise un système de commutation de banques : plusieurs blocs physiques de mémoire peuvent venir occuper successivement une même zone de l’espace d’adressage.
320 × 200 pixels et désormais 16 couleurs
La définition reste de 320 × 200 pixels, soit 64 000 points à l’écran. Le TO7/70 double en revanche la palette de son prédécesseur et propose 16 couleurs : huit couleurs saturées et huit teintes plus claires, qualifiées de pastel dans la documentation technique.
Il ne faut cependant pas imaginer que chaque pixel peut prendre librement l’une de ces seize couleurs.
L’écran conserve une organisation par groupes horizontaux de huit pixels. Pour chacun de ces groupes, le programme définit une couleur de forme et une couleur de fond. Les huit pixels choisissent ensuite entre ces deux couleurs.
Ce système économise de la mémoire, au prix de certaines contraintes pour les graphistes et les programmeurs.
Le crayon optique : pointer directement sur l’écran
Le crayon optique reste l’un des éléments les plus caractéristiques du TO7/70.
Sur la machine, il se range dans un long logement placé au-dessus du clavier. Son câble spiralé reste directement relié à l’ordinateur, ce que l’on distingue très bien lorsqu’on observe la machine réelle.
Son fonctionnement exploite le balayage du tube cathodique. Le crayon détecte le passage du point lumineux qui construit l’image et l’ordinateur utilise cet instant pour calculer la position visée.
Le TO7/70 améliore cette fonction par rapport au premier TO7 : la précision horizontale atteint désormais les 320 points de la ligne.
L’utilisateur peut ainsi sélectionner une commande ou dessiner directement sur l’écran. Cette interaction se prête particulièrement bien aux logiciels pédagogiques.
Un véritable clavier mécanique
Le clavier représente une autre évolution importante.
Le premier TO7 utilisait un clavier sensitif à membrane, peu confortable lorsqu’il fallait saisir de longues lignes de programme. Le TO7/70 reçoit au contraire un clavier mécanique de 57 touches.
Sur la version française visible sur les photographies, la disposition est AZERTY. La touche ENTRÉE jaune, les touches de déplacement et les différentes commandes donnent à la machine une apparence immédiatement reconnaissable.
Pour une machine destinée notamment à l’apprentissage de la programmation, ce changement améliore sensiblement l’utilisation quotidienne.
Le BASIC reste sur une cartouche Mémo7
Le BASIC n’est toujours pas intégré directement dans la ROM système du TO7/70.
L’utilisateur ouvre une trappe située sur la partie gauche de la machine et y insère une cartouche Mémo7.

Les photographies permettent ici de voir précisément ce système : la cartouche BASIC porte la mention « BASIC Version 1.0 », le copyright Microsoft 1982 et la référence Thomson.
Une fois installée, la cartouche fournit immédiatement l’interpréteur sans avoir à le charger depuis une cassette et sans occuper la RAM réservée aux programmes de l’utilisateur.
Le principe ne se limite pas au BASIC. Thomson propose également d’autres environnements sous forme de cartouches, notamment Logo, Forth et l’assembleur 6809.
À quoi ressemble une cartouche Mémo7 ?
Sortie de la machine, la Mémo7 ressemble davantage à une grosse cartouche de console qu’à un support informatique traditionnel.
Elle contient des circuits de mémoire morte qui conservent leur programme même lorsque l’ordinateur est éteint. Le long connecteur visible sur sa face inférieure met directement cette mémoire en relation avec l’électronique du TO7/70.

Le programme devient ainsi disponible presque immédiatement après la mise sous tension. C’est une solution simple et robuste, particulièrement adaptée aux logiciels éducatifs et aux langages de programmation.
Une machine largement extensible
Le TO7/70 ne se limite pas à son équipement de base. Plusieurs connecteurs situés à l’arrière permettent de lui ajouter des modules.
Sur les photographies, ces emplacements apparaissent sous la forme de grands connecteurs protégés par des caches amovibles.

Thomson propose notamment une extension mémoire de 64 Ko, une interface de communication, des imprimantes, des manettes et un contrôleur de disquettes. Un module d’incrustation permet même de mélanger l’image produite par le TO7/70 avec une source vidéo externe.
Le guide Thomson décrit aussi une extension « musique et jeux », équipée de manettes et d’un générateur sonore plus évolué.
Cette modularité permet donc d’adapter la même machine aussi bien à la programmation familiale qu’à des usages éducatifs ou plus spécialisés.
Cassette ou disquette pour sauvegarder ses programmes
La cartouche contient des logiciels prêts à l’emploi, mais elle ne sert pas à enregistrer les programmes créés par l’utilisateur.
Pour cela, le moyen le plus accessible reste le lecteur-enregistreur de cassettes. La bande magnétique est économique mais relativement lente.
Un contrôleur et des lecteurs de disquettes offrent une solution beaucoup plus rapide et permettent de stocker davantage de données.
Sur les modèles français, la prise Péritel transmet directement l’image RVB et le son vers un téléviseur. Ce choix convient particulièrement bien à Thomson, alors fortement présent dans l’électronique grand public et la télévision.
Une machine pensée aussi pour l’apprentissage
En 1984, Thomson commercialise parallèlement le MO5, plus compact et moins coûteux.
Les deux machines deviennent ensuite fortement associées à l’informatique scolaire française, notamment avec le plan Informatique pour tous lancé en 1985.
Le TO7/70 possède plusieurs qualités intéressantes dans ce contexte. Le crayon optique offre une interaction intuitive avec les logiciels pédagogiques, tandis que BASIC et Logo permettent d’aborder progressivement la programmation.
Pour de nombreux élèves français des années 1980, les ordinateurs Thomson constituent ainsi l’un des premiers contacts concrets avec l’informatique.
Une concurrence de plus en plus forte
Le TO7/70 est nettement plus abouti que le TO7, mais il arrive sur un marché particulièrement concurrentiel.
Le Commodore 64, commercialisé depuis 1982, bénéficie déjà d’un vaste catalogue de logiciels et de jeux. La même année que le TO7/70, l’Amstrad CPC 464 arrive avec une formule intégrant ordinateur, clavier, lecteur de cassette et moniteur.
Thomson bénéficie en France de sa présence dans l’enseignement, mais ses concurrents disposent souvent d’écosystèmes logiciels grand public plus vastes.
Pourquoi le TO7/70 est important
Le TO7/70 ne révolutionne pas l’architecture du TO7. Son intérêt historique vient plutôt de la manière dont Thomson améliore rapidement une machine encore récente.
La mémoire utilisateur passe de 8 à 48 Ko, l’affichage gagne une palette de 16 couleurs, le clavier devient mécanique et le crayon optique gagne en précision.
Dans le même temps, Thomson conserve le processeur 6809E, les cartouches Mémo7 et une forte compatibilité avec l’écosystème existant.
Le TO7/70 représente donc une étape de maturité dans la première génération des ordinateurs Thomson. Sa diffusion dans les foyers et surtout dans le monde scolaire lui donnera une place particulière dans l’histoire de la micro-informatique française.
Repères chronologiques
- 1982 : commercialisation du Thomson TO7.
- 1984 : commercialisation du TO7/70 et du MO5.
- 1985 : lancement du plan Informatique pour tous et diffusion importante des ordinateurs Thomson dans l’enseignement.
- 1985 : apparition du Thomson TO9.
- 1986 : arrivée d’une nouvelle génération avec notamment le TO8.
Pour aller plus loin
Les micro-ordinateurs Thomson: MO5, TO7, TO8
Plongez dans les années 1980, lorsque les micro-ordinateurs Thomson faisaient leur entrée dans les écoles françaises.
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Sources
- Thomson, Guide du TO7/70, documentation utilisateur.
- Michel Oury, Manuel technique du TO7 et TO7/70, Cedic/Nathan, 1984.
- Documentation Thomson consacrée aux périphériques et extensions du TO7/70.
Photos personnelles : Sébastien Inion, 2026 — licence Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0).
