Amstrad CPC 664
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Amstrad CPC 664

Commercialisé en mai 1985, l’Amstrad CPC 664 apparaît moins d’un an après le CPC 464. Il reprend l’essentiel de l’architecture de son prédécesseur, mais abandonne son lecteur de cassettes intégré au profit d’un lecteur de disquettes 3 pouces.

Cette évolution peut sembler modeste, mais elle transforme profondément l’usage quotidien de la machine. Les programmes se chargent beaucoup plus rapidement, les fichiers deviennent accessibles directement et le CPC s’ouvre davantage aux applications professionnelles. Le CPC 664 conserve pourtant les 64 Ko de RAM du CPC 464 et ne restera que quelques mois au catalogue avant l’arrivée du CPC 6128.

Le CPC 664 occupe ainsi une position particulière dans l’histoire d’Amstrad : rarement aussi diffusé que les CPC 464 et 6128, il constitue pourtant le chaînon qui fait passer la gamme de la cassette à la disquette intégrée.


Du CPC 464 au CPC 664

Lorsque le CPC 464 arrive sur le marché en 1984, Amstrad mise sur une formule particulièrement simple : proposer un ensemble complet comprenant l’ordinateur, son clavier, son système de stockage et un moniteur. L’utilisateur n’a donc pas besoin de chercher séparément un écran ou un magnétophone compatible.

Cette philosophie du système « prêt à l’emploi » participe fortement au succès du CPC 464. Son lecteur de cassettes intégré présente cependant les limites habituelles de ce support : temps de chargement importants, accès séquentiel aux données et fiabilité variable des enregistrements.

Le CPC 664 conserve la même idée générale, mais remplace la cassette par un lecteur de disquettes. Il ne constitue donc pas une rupture architecturale. Il représente plutôt une modernisation du CPC 464 destinée à rendre son utilisation plus rapide et plus souple.


Le passage à la disquette

La différence la plus visible se trouve sur la droite du clavier : le lecteur de cassettes du CPC 464 disparaît et laisse place à un lecteur de disquettes 3 pouces. Le contrôleur de disquettes et le logiciel nécessaire à son fonctionnement sont désormais intégrés directement à la machine.

Le lecteur est simple face. Une disquette possède deux faces utilisables, mais il faut la retourner manuellement pour accéder à la seconde. Dans le format de données habituel d’AMSDOS, une face permet de stocker environ 178 Ko de données utilisables.

La capacité paraît aujourd’hui minuscule, mais la différence avec la cassette est surtout qualitative. Un fichier peut être retrouvé directement, sans devoir faire défiler une bande magnétique jusqu’à la bonne position. Le chargement d’un programme devient également beaucoup plus rapide.

Pour les jeux, les utilitaires et surtout les applications manipulant plusieurs fichiers, la disquette rend donc le CPC beaucoup plus confortable.


Pourquoi un lecteur 3 pouces ?

Amstrad ne découvre pas le format 3 pouces avec le CPC 664. Le constructeur l’utilise déjà avec le lecteur externe DDI-1 destiné au CPC 464. Le nouveau modèle intègre donc dans son boîtier une technologie déjà présente dans l’écosystème CPC.

Le format 3 pouces est compact et protégé par une enveloppe rigide. Il est cependant beaucoup moins diffusé que les formats 5¼ pouces puis 3½ pouces utilisés sur de nombreux autres ordinateurs.

Ce choix n’est pas immédiatement handicapant pour Amstrad, car les logiciels CPC sont commercialisés directement sur ce support. À plus long terme, il devient néanmoins un inconvénient. À la fin des années 1980, la disquette 3½ pouces s’impose progressivement comme le format dominant de la micro-informatique.


Une architecture presque identique au CPC 464

Sous le clavier, l’architecture du CPC 664 reste très proche de celle du CPC 464. Le processeur est toujours un Zilog Z80A fonctionnant à une fréquence d’environ 4 MHz.

Le Z80 est un microprocesseur 8 bits doté d’un bus d’adresses de 16 bits. Il peut donc distinguer 216, soit 65 536 adresses. Son espace d’adressage directement accessible est ainsi limité à 64 Ko.

Cette valeur correspond précisément à la quantité de mémoire vive du CPC 664. Le processeur peut donc accéder à cette RAM dans son espace de 64 Ko, mais cet espace doit également permettre d’accéder aux ROM et aux périphériques de la machine selon la configuration mémoire utilisée.

La présence de ROM n’oblige cependant pas à retirer physiquement une partie de la RAM. Le CPC utilise des mécanismes de commutation qui permettent de rendre les ROM visibles à certaines adresses tout en conservant de la RAM derrière elles.


64 Ko commencent déjà à devenir une limite

En 1984, les 64 Ko du CPC 464 constituent encore une quantité de mémoire confortable pour un micro-ordinateur familial. Un an plus tard, cette limite commence déjà à peser davantage sur les applications ambitieuses.

Ajouter simplement de la mémoire ne suffit pourtant pas. Le Z80 ne peut voir directement que 64 Ko à la fois puisque son bus d’adresses ne comporte que 16 lignes. Pour dépasser cette capacité, il faut donc employer un mécanisme de commutation de banques mémoire.

C’est précisément ce que fera le CPC 6128. Il possède physiquement 128 Ko de RAM, mais le Z80 n’accède toujours qu’à une fenêtre de 64 Ko à un instant donné. Des circuits externes sélectionnent les blocs de mémoire supplémentaires qui doivent apparaître dans l’espace d’adressage du processeur.

Le CPC 664 reste donc la dernière machine de la gamme principale à associer simplement le Z80 à 64 Ko de RAM sans offrir les 128 Ko du modèle suivant.


Locomotive BASIC 1.1

Le CPC 664 conserve l’un des points forts de la gamme : le Locomotive BASIC intégré en ROM. Il utilise la version 1.1, qui sera également présente sur le CPC 6128.

Dès l’allumage, l’utilisateur arrive donc directement dans l’interpréteur BASIC. Il peut saisir un programme sans charger préalablement un langage depuis une cassette ou une disquette.

Le BASIC des CPC est étroitement lié aux possibilités matérielles de la machine. Des instructions permettent notamment de changer le mode graphique, de définir des couleurs, de produire des sons ou encore de manipuler facilement l’affichage.


AMSDOS : gérer les fichiers depuis le BASIC

L’intégration du lecteur de disquettes s’accompagne d’AMSDOS, le système utilisé par Amstrad pour gérer les fichiers sur disque. Il s’intègre au firmware du CPC et complète directement le Locomotive BASIC.

L’utilisateur peut ainsi enregistrer et charger des programmes ou consulter le contenu d’une disquette à partir de commandes intégrées à l’environnement de la machine.

Cette intégration est importante : le passage du CPC 464 au CPC 664 ne consiste donc pas seulement à remplacer mécaniquement une cassette par une disquette. Amstrad adapte également l’environnement logiciel pour que ce nouveau support soit utilisable immédiatement.


CP/M et les usages professionnels

Le lecteur de disquettes permet également au CPC 664 d’utiliser CP/M 2.2. Ce système d’exploitation, très répandu sur les micro-ordinateurs professionnels à processeur 8080 et Z80, donne accès à de nombreux logiciels existants.

Cette possibilité contribue à élargir l’image du CPC. La machine reste parfaitement adaptée aux jeux et à l’apprentissage du BASIC, mais elle peut également servir au traitement de texte, à la programmation et à diverses applications plus professionnelles.

Le CPC 6128 renforcera encore cette orientation grâce à ses 128 Ko de RAM.


Trois modes graphiques

Le CPC 664 conserve le système graphique de la gamme. Il dispose d’une palette matérielle de 27 couleurs et propose trois modes principaux offrant un compromis entre définition et nombre de couleurs affichables simultanément.

  • Mode 0 : 160 × 200 pixels avec jusqu’à 16 couleurs simultanées.
  • Mode 1 : 320 × 200 pixels avec jusqu’à 4 couleurs simultanées.
  • Mode 2 : 640 × 200 pixels avec 2 couleurs simultanées.

Le Mode 0 convient particulièrement aux jeux colorés, tandis que les modes 1 et 2 offrent une définition supérieure adaptée au texte, aux interfaces et aux applications nécessitant davantage de précision.

Cette souplesse permet au CPC de ne pas privilégier un seul usage. Une même architecture graphique peut servir aussi bien à un jeu très coloré qu’à un logiciel de productivité utilisant un affichage plus fin.


Trois voies sonores

Le son repose sur un General Instrument AY-3-8912. Ce circuit offre trois voies sonores programmables et permet de générer des tonalités, des effets et des enveloppes de volume.

Le processeur principal n’a donc pas besoin de produire directement chaque oscillation sonore. Le programme configure la puce, qui se charge ensuite de générer les signaux correspondants.

L’AY-3-8912 participe fortement à l’identité sonore des CPC et sera exploité par de nombreux jeux et démonstrations.


Un clavier plus sobre

Le CPC 664 modifie également l’apparence générale de la machine. Le clavier très coloré du CPC 464 laisse place à une présentation plus sobre, annonçant celle du CPC 6128.

Cette évolution visuelle correspond à la volonté d’Amstrad de présenter la machine comme un système pouvant dépasser le seul marché du jeu ou de l’initiation. Le lecteur de disquettes intégré et la compatibilité avec CP/M vont dans le même sens.

L’architecture interne demeure cependant suffisamment proche du CPC 464 pour conserver une très forte compatibilité avec les logiciels déjà disponibles.


Un ordinateur vendu avec son moniteur

Comme le CPC 464, le CPC 664 est commercialisé sous la forme d’un ensemble comprenant l’ordinateur et un moniteur. Deux principales versions sont proposées : un écran monochrome et un écran couleur.

Le système d’alimentation constitue une particularité importante de la gamme. Le moniteur alimente l’ordinateur, et non l’inverse. Il fournit le 5 V nécessaire à l’électronique du CPC.

Le CPC 664 possède cependant un besoin supplémentaire par rapport au CPC 464 : son lecteur de disquettes nécessite également une alimentation de 12 V. Les moniteurs prévus pour le CPC 664 doivent donc fournir cette seconde tension.

Cette conception réduit le nombre de blocs d’alimentation externes et conserve l’idée d’un système complet relativement simple à installer.


Caractéristiques techniques du CPC 664

Élément Caractéristique
Constructeur Amstrad
Commercialisation Mai 1985
Processeur Zilog Z80A, environ 4 MHz
Architecture 8 bits, bus d’adresses 16 bits
Mémoire vive 64 Ko
Langage intégré Locomotive BASIC 1.1
Gestion des disquettes AMSDOS
Système d’exploitation utilisable CP/M 2.2
Stockage intégré Lecteur de disquettes 3 pouces simple face
Capacité courante Environ 178 Ko utilisables par face avec le format DATA AMSDOS
Graphismes 160 × 200 en 16 couleurs, 320 × 200 en 4 couleurs, 640 × 200 en 2 couleurs
Palette 27 couleurs
Son AY-3-8912, trois voies
Moniteurs Monochrome ou couleur selon la version

Une carrière extrêmement courte

Le CPC 664 arrive sur le marché en mai 1985, mais son positionnement est rapidement fragilisé. Il offre les avantages de la disquette tout en conservant seulement 64 Ko de RAM.

Quelques mois plus tard, Amstrad commercialise le CPC 6128. Celui-ci reprend le lecteur 3 pouces et l’essentiel de l’architecture du CPC 664, mais double la mémoire vive pour atteindre 128 Ko.

Le CPC 664 se retrouve alors pris entre deux modèles mieux différenciés. Le CPC 464 reste une solution économique déjà largement installée, tandis que le CPC 6128 offre davantage de mémoire aux utilisateurs recherchant une configuration plus évoluée.

Amstrad retire donc rapidement le CPC 664 de sa gamme. Sa période de commercialisation particulièrement courte explique pourquoi il est aujourd’hui nettement moins courant que les CPC 464 et 6128.


Le chaînon entre le CPC 464 et le CPC 6128

Le CPC 664 pourrait sembler n’être qu’un modèle intermédiaire rapidement dépassé. Son intérêt historique est pourtant réel.

Il marque d’abord le passage de la cassette au lecteur de disquettes intégré dans la gamme CPC. Avec lui apparaissent dans le boîtier principal l’interface disque, AMSDOS et une configuration mieux adaptée à l’utilisation de CP/M.

Il montre également la vitesse à laquelle évolue la micro-informatique au milieu des années 1980. En moins d’un an, Amstrad passe du CPC 464 à cassette au CPC 664 à disquette, puis au CPC 6128 doté de deux fois plus de mémoire.

Le CPC 664 constitue ainsi un véritable chaînon dans l’évolution de la famille CPC. Il conserve presque toute l’architecture du premier modèle tout en introduisant la configuration matérielle qui caractérisera le CPC 6128 et deviendra, pour de nombreux utilisateurs, l’une des formes les plus abouties du CPC classique.

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