Philips Videopac G7000
Fiche technique
- Nom : Philips Videopac G7000
- Nom américain : Magnavox Odyssey² (Odyssey 2)
- Commercialisation : 1978
- Génération : deuxième génération de consoles
- Prix de lancement : environ 179 $ aux États-Unis en 1978, soit environ 880 $ actuels (≈ 765 €) en tenant compte de l’inflation
- Processeur : Intel 8048, microcontrôleur 8 bits
- Mémoire interne : 64 octets de RAM dans le processeur
- Mémoire vidéo : 128 octets
- Support : cartouches ROM
- Contrôleurs : deux joysticks numériques à 8 directions et un bouton d’action
- Clavier : clavier alphanumérique à membrane
- Affichage : couleur sur téléviseur
- Connexion française : Péritel sur certaines versions destinées à la France
De l’Odyssey au Videopac
La première Magnavox Odyssey de 1972 ne possède pas de microprocesseur. Ses cartes enfichables ne contiennent même pas de logiciel : elles servent simplement à modifier les connexions entre les circuits internes.
Six ans plus tard, le principe a complètement changé. Le Videopac utilise un Intel 8048 capable d’exécuter des instructions. Chaque cartouche contient une mémoire ROM dans laquelle est enregistré le programme du jeu.
Changer de cartouche signifie donc réellement changer de logiciel.
Cette évolution permet à une même console d’exécuter des jeux très différents sans modifier son électronique.
Une console programmable à cartouches
Le Videopac appartient à la même génération que la Fairchild Channel F et l’Atari 2600.
Le principe est désormais celui qui dominera les consoles pendant plusieurs décennies :
console + cartouche contenant un programme = jeu
Les cartouches Videopac contiennent généralement quelques kilo-octets de mémoire ROM. Cela paraît extrêmement faible aujourd’hui, mais suffit pour stocker les programmes, les règles et les éléments nécessaires aux jeux de cette génération.
L’utilisateur peut ainsi constituer progressivement une véritable bibliothèque de jeux.
Ce que montre la version française
. La photographie montre un Radiola Jet 25, l’une des versions françaises du système Videopac.

On retrouve les principaux éléments du G7000 : le logement de cartouche placé en haut, le clavier intégré et deux joysticks équipés chacun d’un bouton Action. La cartouche visible est le Videopac 33, annoncée avec « 18 variations ». Radiola appartenant au même ensemble industriel que Philips, le Jet 25 utilise la même architecture que le Videopac G7000 et accepte les mêmes cartouches.
Pourquoi mettre un clavier sur une console ?
C’est l’une des particularités les plus visibles du Videopac. Le clavier comporte les chiffres, les lettres ainsi que plusieurs touches de fonction. Il peut être utilisé pour sélectionner des options, saisir des informations ou intervenir dans certains jeux.
Philips cherche ainsi à présenter la machine comme quelque chose de plus évolué qu’une simple console.
Une cartouche appelée Computer Intro! permet même d’aborder des notions simples de programmation. Le Videopac se situe donc à une époque où la frontière entre console de jeux et ordinateur familial commence à devenir moins nette.
Un Intel 8048 au cœur de la console
Le Videopac repose sur un Intel 8048, un microcontrôleur 8 bits.
Contrairement au circuit spécialisé de la Hanimex TVG 8610, l’Intel 8048 n’est pas construit pour exécuter uniquement quelques jeux déterminés. Il lit les instructions provenant de la cartouche et exécute le programme correspondant. La console possède pourtant très peu de mémoire : seulement 64 octets de RAM directement intégrés au 8048, auxquels s’ajoute la mémoire utilisée pour l’affichage et le son.
Les programmeurs doivent donc travailler avec des ressources extrêmement limitées.
Le clavier ne transforme pas le Videopac en véritable ordinateur
L’inscription « Ordinateur Videopac », visible sur la version Radiola photographiée, peut prêter à confusion.
Le Videopac possède bien un processeur programmable et un clavier, mais il ne s’agit pas d’un micro-ordinateur généraliste comparable à un Apple II ou, quelques années plus tard, à un Commodore 64. Il ne dispose pas d’un environnement permettant normalement à l’utilisateur de créer, enregistrer et gérer librement ses propres programmes. Le clavier sert surtout aux jeux, aux fonctions éducatives et à certaines expériences de programmation proposées par Philips.
Il reste avant tout une console de jeux vidéo.
Des joysticks simples mais devenus familiers
Chaque joueur dispose d’un joystick numérique capable de détecter huit directions et équipé d’un unique bouton d’action. On est désormais beaucoup plus proche de la conception moderne d’une manette de jeu que sur la première Odyssey, avec ses différentes molettes de réglage. Les commandes du jeu ne sont plus directement liées à des réglages électroniques : elles sont lues par le programme exécuté par la console. Le même bouton peut donc produire des actions complètement différentes selon le logiciel utilisé.
Une même console sous plusieurs noms
Le système connaît plusieurs appellations selon les pays.
Aux États-Unis, il est commercialisé sous le nom de Magnavox Odyssey².
En Europe, Philips utilise principalement le nom Videopac G7000.
On trouve également plusieurs variantes commercialisées sous d’autres marques, notamment :
- Radiola Jet 25 ;
- Schneider 7000 ;
- Siera G7000.
Le modèle photographié appartient précisément à cette famille : le Radiola Jet 25 constitue une version française du système Videopac.
Une console entre Atari et le micro-ordinateur
Le Videopac doit affronter des machines comme l’Atari 2600, dont la bibliothèque de jeux devient particulièrement importante.
Philips tente de se différencier avec son clavier et avec une approche mêlant jeu et éducation.
Le système propose également quelques expériences originales associant jeu vidéo et éléments physiques, notamment dans la série Master Strategy, où certains titres utilisent également plateaux, cartes ou accessoires.
Le Videopac développe ainsi une identité assez différente de celle de ses concurrents.
Pourquoi le Videopac est intéressant dans l’histoire de l’informatique
Le Videopac montre parfaitement le changement qui se produit à la fin des années 1970.
Avec une console Pong comme la Hanimex, les possibilités du jeu sont encore essentiellement inscrites dans un circuit électronique spécialisé.
Avec le Videopac, la machine devient réellement programmable.
Le matériel reste identique, mais une nouvelle cartouche suffit à lui donner un comportement totalement différent.
Le clavier ajoute une autre idée qui deviendra importante au début des années 1980 : la convergence entre jeu vidéo, programmation et ordinateur familial.
Le Videopac se trouve donc à la rencontre de deux évolutions majeures : la généralisation du logiciel sur cartouche et l’arrivée prochaine des micro-ordinateurs dans les foyers.
Repères chronologiques
- 1972 : commercialisation de la première Magnavox Odyssey.
- 1976 : la Fairchild Channel F utilise des cartouches ROM programmées.
- 1977 : lancement de l’Atari Video Computer System, future Atari 2600.
- 1978 : lancement de la Magnavox Odyssey² et du système Videopac.
- Fin des années 1970 : commercialisation européenne sous le nom Philips Videopac G7000 et sous plusieurs marques associées, dont Radiola.
Sources et références
- History of Video Games: Four Decades of Video Entertainment, section consacrée à la Magnavox Odyssey² et au Philips Videopac G7000.
- Winnie Forster, The Encyclopedia of Game Machines, 2005.
Photo de couverture : Sébastien — CC BY 4.0. Réutilisation autorisée avec attribution de l’auteur et mention de la licence. Radiola Jet 25, version française du Philips Videopac G7000.
