Hanimex TVG 8610
Fiche technique
- Nom : Hanimex TVG 8610
- Marque : Hanimex
- Période : vers 1977-1978
- Type : console dédiée de première génération
- Prix de lancement : non documenté avec certitude
- Circuit principal : General Instrument AY-3-8610
- Microprocesseur : aucun
- Jeux : 10 jeux intégrés
- Contrôleurs : deux joysticks à deux axes
- Affichage : téléviseur, système 625 lignes
- Cartouches : aucune
Une console de la génération Pong
Au début des années 1970, le jeu vidéo commence à entrer dans les foyers. La Magnavox Odyssey, commercialisée en 1972, ouvre la voie aux consoles domestiques, tandis que le succès de Pong popularise le principe d’une balle et de raquettes affichées sur un téléviseur.
À partir du milieu des années 1970, de nombreux fabricants proposent leurs propres variantes. Ces machines, aujourd’hui souvent appelées consoles Pong, offrent plusieurs jeux à partir d’une électronique très similaire.
La Hanimex TVG 8610 appartient directement à cette génération.
Hanimex et les consoles Pong
Hanimex est une entreprise australienne surtout connue pour son matériel photographique. Comme beaucoup de sociétés d’électronique de l’époque, elle commercialise également des consoles de jeux.
Ces machines ne sont pas nécessairement conçues entièrement par la marque qui figure sur leur boîtier. Des fabricants de semi-conducteurs comme General Instrument proposent des circuits spécialisés autour desquels différentes entreprises peuvent construire leurs propres consoles.
C’est pourquoi de nombreuses consoles Pong des années 1970 se ressemblent techniquement malgré des marques et des boîtiers différents.
Une console très différente des machines modernes

La version française photographiée possède un grand sélecteur central permettant de choisir l’un des dix jeux.
Les deux joysticks sont reliés à la console par des câbles assez longs, ce qui permet aux joueurs de s’installer plus confortablement. Chacun possède également un bouton rouge Service / Fire, utilisé selon le jeu pour servir la balle ou tirer.
La façade permet aussi de régler la difficulté, la vitesse et le service automatique ou manuel. Deux curseurs mécaniques placés en haut peuvent servir à suivre le score.
Il n’existe évidemment aucun menu : tous ces réglages agissent directement sur l’électronique de la console.
Le cœur de la Hanimex : l’AY-3-8610
Le General Instrument AY-3-8610 n’est pas un microprocesseur comparable à l’Intel 8080, au MOS 6502 ou au Zilog Z80.
Il s’agit d’un circuit spécialement conçu pour le jeu vidéo. Il génère directement les éléments nécessaires au fonctionnement de la console :
- les joueurs et la balle ;
- les déplacements et les collisions ;
- les terrains ;
- le score ;
- les sons ;
- les différentes variantes de jeu.
Les règles ne sont donc pas contenues dans dix logiciels distincts : elles sont intégrées dans la logique électronique de la puce.
Dix jeux dans une seule puce
Sur la version française, le sélecteur donne accès à :
- Entraînement basketball
- Mur d’entraînement
- Tennis
- Basketball
- Pelote
- Hockey
- Football
- Grille
- Tir à deux
- Entraînement tir
Pour passer du tennis au hockey ou au football, la console ne charge pas un autre programme. Le circuit modifie simplement la position des éléments, leurs déplacements, les limites du terrain et les règles permettant de marquer.
Quelques formes géométriques suffisent ainsi à représenter plusieurs sports.
Des joysticks à deux axes
Alors que de nombreuses consoles Pong utilisent de simples molettes, la TVG 8610 possède des joysticks permettant des déplacements horizontaux et verticaux.
Cette possibilité est notamment utilisée par les jeux les plus complexes de l’AY-3-8610.
Les modes de tir utilisent eux aussi les joysticks : le joueur déplace un curseur à l’écran puis appuie sur Service / Fire. Il ne s’agit donc pas d’un système utilisant un pistolet optique.
De la console dédiée à la console programmable
La principale limite de la Hanimex est simple : ses dix jeux sont définitifs. Il est impossible d’en ajouter un nouveau. C’est ce qui distingue une console dédiée d’une console programmable :
- Console dédiée : les jeux sont déterminés par le matériel.
- Console programmable : un microprocesseur exécute un programme stocké dans une cartouche.
La Fairchild Channel F, commercialisée en 1976, exploite ce nouveau principe avec un microprocesseur et des cartouches contenant des programmes en ROM. En 1977, l’Atari Video Computer System, future Atari 2600, contribue à populariser ce modèle.
Une même console peut désormais exécuter des jeux totalement différents simplement en changeant de cartouche.
Pourquoi la Hanimex est intéressante
La Hanimex TVG 8610 n’a pas révolutionné l’industrie à elle seule. Son intérêt est surtout de représenter une période de transition.
L’intégration électronique permet alors de réunir dix jeux dans une seule puce spécialisée. Mais cette solution est rapidement dépassée par les consoles à microprocesseur, capables d’exécuter des logiciels interchangeables.
La TVG 8610 permet donc d’observer un changement fondamental de l’histoire de l’informatique : le passage d’une machine dont le comportement est déterminé par son électronique à une machine dont le comportement dépend principalement du programme qu’elle exécute.
Repères chronologiques
- 1962 : Spacewar! fonctionne sur le PDP-1 du MIT.
- 1972 : commercialisation de la Magnavox Odyssey et lancement de Pong en arcade.
- 1975 : succès de Pong dans les foyers.
- 1976 : commercialisation de la Fairchild Channel F.
- 1977 : lancement de l’Atari VCS.
- Vers 1977-1978 : commercialisation de la Hanimex TVG 8610.
Sources et références
- General Instrument, GIMINI TV Game Circuits, documentation technique, 1978.
- Australian Centre for the Moving Image (ACMI), collection Hanimex TVG-8610C.
- Ralph H. Baer, Videogames: In the Beginning, Rolenta Press, 2005.
- History of Video Games: Four Decades of Video Entertainment.
Photo : Sébastien – HistoireInformatique.info, 2026 — CC BY 4.0.
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