Apple II
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Apple II

L’Apple II est un micro-ordinateur 8 bits conçu principalement par Steve Wozniak et commercialisé par Apple Computer en 1977. Présenté au public lors de la première West Coast Computer Faire, il associe dans un même boîtier un clavier, une carte mère, une alimentation, des capacités graphiques en couleur et un interpréteur BASIC disponible dès l’allumage.Contrairement à l’Apple I, vendu essentiellement comme une carte électronique assemblée, l’Apple II est pensé comme un véritable produit destiné à un public plus large. L’utilisateur doit encore lui fournir un écran ou un téléviseur et, au départ, un magnétophone à cassette, mais l’essentiel de l’ordinateur est déjà intégré.

Cette évolution permet à Apple de dépasser progressivement le cercle des électroniciens amateurs. L’Apple II trouve sa place dans les foyers, les écoles et les petites entreprises. Il devient ainsi l’une des machines emblématiques de la naissance de l’informatique personnelle.


De l’Apple I à un véritable ordinateur personnel

L’histoire de l’Apple II commence avec l’Apple I. Steve Wozniak conçoit cette première machine dans l’environnement du Homebrew Computer Club, où les passionnés de micro-informatique échangent circuits, programmes et idées.

L’Apple I reste cependant une machine destinée aux amateurs expérimentés. Son acheteur doit ajouter lui-même plusieurs éléments indispensables, notamment le clavier, l’alimentation et le boîtier.

Pour l’Apple II, Steve Jobs pousse au contraire vers un produit beaucoup plus accessible. L’ordinateur doit pouvoir être sorti de son emballage, connecté à un écran et utilisé sans connaissance approfondie de l’électronique.

Le résultat est un boîtier en plastique intégrant la carte mère, l’alimentation et le clavier. Cette présentation rapproche l’Apple II d’un appareil domestique plutôt que d’un kit de laboratoire.


1977 : la présentation à la West Coast Computer Faire

Steve Jobs et Steve Wozniak présentent l’Apple II en avril 1977 lors de la première West Coast Computer Faire à San Francisco.

La machine attire l’attention par son aspect fini, son clavier intégré et surtout ses possibilités graphiques en couleur. Dans un marché encore dominé par les kits et les systèmes destinés aux passionnés, l’Apple II donne davantage l’impression d’un produit prêt à être utilisé au quotidien.

La commercialisation débute quelques semaines plus tard. La version équipée de 4 Ko de mémoire vive est proposée à 1 298 dollars, sans moniteur ni magnétophone.


Une architecture conçue par Steve Wozniak

Le cœur de la machine repose sur le MOS Technology 6502, un microprocesseur 8 bits fonctionnant à environ 1 MHz.

Le modèle original peut être équipé de 4 Ko de RAM et recevoir jusqu’à 48 Ko sur sa carte mère. Cette capacité paraît faible aujourd’hui, mais elle suffit alors pour le BASIC, les jeux, les logiciels éducatifs et de nombreuses applications professionnelles.

Wozniak cherche constamment à réduire le nombre de composants. Cette simplicité permet à Apple de proposer des fonctions avancées sans multiplier inutilement l’électronique.

L’une des caractéristiques les plus remarquables est le système vidéo. L’Apple II peut afficher du texte mais aussi des graphismes en couleur, une capacité encore peu courante sur les micro-ordinateurs de 1977.


Un clavier, du texte et des graphismes en couleur

Le clavier est directement intégré dans le boîtier. L’utilisateur peut donc saisir immédiatement des commandes et des programmes.

En mode texte, l’écran affiche 40 colonnes sur 24 lignes. La machine propose également des modes graphiques en basse et haute résolution.

La couleur devient rapidement l’un des principaux arguments commerciaux de l’Apple II. Elle favorise le développement des jeux, des programmes éducatifs et des logiciels de visualisation.

Un petit haut-parleur interne permet également de produire des sons simples. Là encore, la solution reste techniquement minimale mais suffisamment flexible pour que les programmeurs puissent créer des effets sonores variés.


Integer BASIC disponible dès l’allumage

L’Apple II original contient Integer BASIC en mémoire morte. Cet interpréteur a été développé par Steve Wozniak.

Comme le langage est stocké en ROM, il est disponible immédiatement après la mise sous tension. Il n’est donc pas nécessaire de charger préalablement un environnement de programmation depuis une cassette.

Cette caractéristique est importante dans l’apprentissage de la micro-informatique : l’utilisateur allume la machine, obtient une invite et peut commencer à saisir ses propres instructions.

Par la suite, Apple adopte Applesoft BASIC, dérivé du BASIC de Microsoft et capable notamment d’effectuer des calculs en virgule flottante. Il sera intégré en ROM dans l’Apple II Plus à partir de 1979.


Huit connecteurs qui ouvrent la machine

L’Apple II possède huit emplacements d’extension internes. Cette caractéristique est déterminante pour sa longévité.

Un utilisateur peut ajouter des interfaces série ou parallèle, des contrôleurs de disquettes, des cartes mémoire, des cartes de communication ou de nombreux périphériques spécialisés.

Surtout, Apple laisse suffisamment d’ouverture pour que d’autres entreprises produisent leurs propres cartes. Un véritable écosystème matériel se développe alors autour de la machine.

L’Apple II n’est donc pas figé au moment de son achat : il peut évoluer avec les besoins de son propriétaire.


De la cassette au Disk II

Lors de son lancement, le principal moyen de stockage est la cassette audio. Cette solution est peu coûteuse, mais elle présente de nombreux inconvénients : chargements lents, accès séquentiel et fiabilité dépendante du magnétophone et de la bande utilisée.

Apple cherche rapidement une solution plus efficace. En 1978, la société commercialise le lecteur de disquettes Disk II, utilisant des disquettes souples de 5,25 pouces.

Steve Wozniak conçoit un contrôleur particulièrement simple, utilisant moins de composants que de nombreuses solutions concurrentes. Cette économie matérielle permet de réduire le coût du système.

Le Disk II transforme l’usage de l’Apple II. Les programmes se chargent plus rapidement et les fichiers deviennent beaucoup plus faciles à organiser et à retrouver.

Apple accompagne le lecteur d’Apple DOS, qui fournit les fonctions nécessaires pour gérer les fichiers et les disquettes.


VisiCalc : le logiciel qui fait vendre l’ordinateur

En 1979, l’Apple II accueille VisiCalc, conçu par Dan Bricklin et programmé par Bob Frankston.

Le logiciel présente les données dans un tableau composé de lignes et de colonnes. Lorsqu’une valeur change, les résultats qui en dépendent sont recalculés automatiquement.

Pour une entreprise, cette fonction ouvre de nouveaux usages : budgets, prévisions financières, simulations et comparaisons de scénarios deviennent beaucoup plus rapides à réaliser.

VisiCalc démontre ainsi qu’un micro-ordinateur peut être acheté non pour la machine elle-même, mais pour le logiciel qu’elle permet d’utiliser.

L’Apple II entre alors plus largement dans les petites entreprises et les bureaux. Le micro-ordinateur cesse d’être uniquement un outil de programmation ou de loisir : il devient également un véritable outil de gestion.


Jeux, programmation et enseignement

Les capacités graphiques en couleur, le haut-parleur interne et l’architecture ouverte favorisent également le développement de nombreux jeux.

Une génération de programmeurs découvre le développement sur Apple II, en Integer BASIC, en Applesoft BASIC ou directement en langage machine du 6502.

La famille connaît aussi un important succès dans les établissements scolaires américains. Des éditeurs développent des logiciels de mathématiques, de sciences, de lecture ou de simulation.

La même machine peut ainsi servir à apprendre la programmation, jouer, écrire, calculer ou manipuler des données. Cette polyvalence contribue fortement à sa diffusion.


Une famille qui dure plus de quinze ans

Le succès du modèle initial conduit Apple à développer plusieurs générations compatibles : Apple II Plus, Apple IIe, Apple IIc puis Apple IIGS.

Les caractéristiques évoluent, mais Apple cherche à préserver une large compatibilité avec les logiciels et les périphériques existants.

Cette continuité protège les investissements des utilisateurs et encourage les développeurs à continuer à produire des logiciels pour la plateforme.

La famille Apple II reste commercialisée jusqu’en 1993. Elle coexiste donc pendant près d’une décennie avec le Macintosh, lancé en 1984.


Pourquoi l’Apple II est une machine majeure

L’Apple II n’est ni le premier micro-ordinateur ni le seul modèle important de 1977. Le Commodore PET 2001 et le TRS-80 participent eux aussi à cette génération de machines qui font sortir la micro-informatique du monde des kits et des clubs d’électronique.

La force de l’Apple II vient plutôt de la combinaison de plusieurs qualités : produit relativement accessible, graphismes en couleur, BASIC immédiatement disponible, architecture très extensible et écosystème logiciel en croissance rapide.

Le Disk II lui apporte ensuite un stockage réellement pratique. VisiCalc ouvre le marché professionnel. Les jeux et les logiciels éducatifs élargissent encore son public.

Enfin, la compatibilité maintenue entre plusieurs générations donne naissance à une véritable plateforme informatique, capable de survivre bien au-delà de la durée de vie habituelle d’un modèle unique.

L’Apple II contribue ainsi à installer durablement une idée qui deviendra centrale dans les années 1980 : un ordinateur personnel n’est pas seulement une machine. Il constitue un ensemble associant matériel, logiciels, périphériques et utilisateurs.


Repères chronologiques

  • Avril 1977 : présentation de l’Apple II à la West Coast Computer Faire.
  • 1977 : début de la commercialisation.
  • 1978 : lancement du lecteur Disk II et d’Apple DOS.
  • 1979 : arrivée de VisiCalc et de l’Apple II Plus.
  • 1983 : lancement de l’Apple IIe.
  • 1984 : lancement de l’Apple IIc et du Macintosh.
  • 1986 : lancement de l’Apple IIGS.
  • 1993 : fin de la commercialisation de la famille Apple II.

Photo de couverture par Narnars0 — travail personnel, CC BY-SA 3.0.

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